Qu'est-ce que le Risorgimento et quelle est son importance aujourd'hui ?
Notre nation s'est formée à travers le processus du Risorgimento, notre système de valeurs plonge ses racines dans cette époque, nos villes elles-mêmes ont une structure post-unification : acquérir une plus grande conscience de cet héritage vaut la peine pour nous, quelle que soit notre position idéale par rapport à lui.
Pourquoi les objets exposés sont-ils représentatifs du Risorgimento aujourd'hui ? Quel est leur pouvoir d'évocation et de témoignage aujourd'hui ?
Liberté, Peuple, Foi, Guerre. Les concepts fondateurs du Risorgimento se manifestent plastiquement dans ces objets : le protagoniste est le peuple (parfois en chair et en os, comme dans le tableau, parfois littéraire ou seulement imaginé) ; le but est la liberté, idéale et politique, à comprendre aussi, mais pas seulement, comme l'indépendance vis-à-vis de l'étranger ; la forme est celle de la foi religieuse, l'affirmation d'une valeur inconditionnelle (c'est aussi pourquoi, au moins au début, le "vœu" du pape inscrit sur le drapeau était nécessaire) ; les moyens comprennent l'utilisation des armes, impliquant ainsi la volonté de se battre et de mourir. Les deux objets témoignent également de la participation des femmes au Risorgimento : broder les drapeaux, secourir les blessés... Bien que défilées, les femmes sont bel et bien présentes, partageant des idéaux, assumant des responsabilités, prenant des risques. Ces objets racontent une épopée faite de mythes, de héros, de martyrs, une époque lointaine qui peut au moins nous fasciner et nous intriguer, mais sans nous interpeller directement. En revanche, ces hommes (et ces femmes) parlaient de politique, d'économie, de relations entre les nations, de commerce... un peu comme nous. Un monde lointain, mais pas trop, donc (et parfois si semblable à celui d'aujourd'hui...), avec lequel il est possible, et aussi commode, de s'engager.
Les protagonistes du Risorgimento se sont sentis interpellés par l'histoire et, avec toutes leurs limites et leurs erreurs, ils ont décidé d'y répondre en affirmant l'existence de quelque chose qui "vaut la peine" de vivre et de mourir. Les expositions nous parlent de personnes qui, il y a moins de deux siècles, n'ont pas hésité à dire "je", à dire "nous".
Otello Sangiorgi, Directeur du Museo Civico del Risorgimento di Bologna